PROGRAMME SOFT PARENTRéflexions

Repenser son empreinte parentale – Partie 2

Comment laisser son enfant être lui.elle-même?

Dans la Partie 1 de l’article, nous avons exploré des moyens qui permettent à son enfant de penser librement. Nous questionnons ici des moyens qui permettent à son enfant d’être soi-même librement et d’alléger le poids de ce qu’il.elle croit que nous attendons de lui qu’il.elle soit.

Donner la permission à son enfant de se laisser aller à être qui il.elle est vraiment, sans crainte de déplaire est un élément-clé du “Soft Parent”; c’est un acte de foi.

Les étiquettes

Combien sommes-nous à avoir souffert des étiquettes lorsque nous étions enfant et à supporter une fois adulte le poids de ces mots qui collent à la peau. Maladroit.e, timide, impoli.e, étourdi.e, bavard.e, fainéant.e… Mais aussi sérieu.x.se, sage, raisonnable, studieu.x.se, responsable…

Les étiquettes ne sont pas seulement des qualifications négatives, elles peuvent tout autant – du point de vue de l’adulte – être positives. Pour autant, qu’elles soient négatives ou positives, elles ont toutes pour effet d’emprisonner l’enfant dans un état ou une qualité de manière durable.

En effet, pour un.e enfant, s’entendre répéter dans divers contextes qu’il.elle est sérieux.se par exemple, vient renforcer sa croyance qu’il.elle est une personne sérieuse, alors même que le parent croit le.la valoriser.

Or un.e même enfant peut tout à fait être sérieux.se dans un contexte et espiègle dans un autre. Dans le fond, il.elle possède toujours ces deux qualités, bien qu’elles ne s’expriment pas au même moment. Ne serait-ce pas le signe d’une bonne capacité d’adaptation ?

Attribuer à un enfant une qualité, peu importe laquelle, de manière répétée peut l’amener à comprendre qu’il.elle EST définitivement ce qu’on dit de lui.elle.

Aussi, lorsqu’une personne associe une étiquette à un.e enfant, il est bon de venir équilibrer les propos en disant “Moi je sais que tu n’es pas comme cela, tu te comportes parfois de cette manière mais parfois c’est le contraire. C’est parce qu’il.elle ne te connaît pas qu’il.elle croit cela”.

Par exemple, si une personne dit de mon enfant “Il est timide”, je nuance aussitôt en disant “Il a une attitude réservée pour le moment, mais il n’est pas timide.”

Par souci de plaire

La relation enfant-parent peut être ternie par la volonté réciproque de plaire à l’autre. Si ce biais existe, c’est généralement parce que nous confondons plaire et aimer.

Du côté de l’enfant

Il est important de savoir qu’un enfant veut toujours, sans exception, plaire à ses parents (avant l’adolescence).

Nos attentes explicites ou implicites peuvent l’influencer plus ou moins fortement et de manière plus ou moins douloureuse, en fonction de l’effort qu’il.elle doit fournir pour se conformer à ce qu’il.elle pense qu’on attend de lui.elle.

Par exemple, si j’exprime régulièrement ma satisfaction de voir mon enfant bien manger et finir son assiette, je le.la prive peut-être d’écouter sa faim et de la possibilité de s’arrêter de manger quand son corps le lui suggère.

Du côté du parent

Un parent peut aussi de manière inconsciente vouloir plaire à son enfant et avoir peur de le.la décevoir. C’est le cas lorsque nous ressentons de la culpabilité et que nous basons certaines décisions dans le but de lui faire plaisir, plutôt que dans le but d’assurer son bien-être.

L’amour inconditionnel

Garantir et exprimer son amour inconditionnel à son enfant est un moyen efficace de lui rendre la liberté d’être qui il.elle est en authenticité. Car qu’importe son comportement, ses réussites ou ses erreurs, il.elle doit pouvoir compter sur l’amour que nous lui portons en toute circonstance.

Nous pouvons être heureux.se, déçu.e ou en colère de son comportement, au fond qu’importe, nous ne pouvons conditionner notre amour à ce qu’il.elle fait.

De manière réciproque, ayons en tête que quoi que l’on fasse, nous n’avons jamais à douter de l’amour que nous porte notre enfant. C’est en faisant des choix de coeur en conscience que nous sommes un parent suffisamment bon, et rien ne nous protège d’éventuelles erreurs, acceptons-le.

Propositions

Il est fondamental de prendre conscience des commentaires de satisfaction ou de déception que nous pouvons exprimer de manière totalement anodines à propos de notre enfant.

  • Distinguer l’attitude d’un.e enfant de son être. Se comporter d’une certaine manière dans un contexte donné ne signifie pas être toujours de cette manière.

Par exemple: Ne disons pas “Tu n’es pas gentil” mais “Ce n’est pas une réaction très gentille”.

  • Essayer de traquer les étiquettes que l’on colle à son enfant
  • Essayer de ne faire aucun commentaire sur son enfant qui puisse sonner comme une vérité

Exprimer son amour même en cas de déception ou de colère face au comportement de son enfant.

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