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Mieux grandir en conscience

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Tout vient-il de l’intérieur?

Quelque soit notre âge, grandir est la seule conséquence d’un mouvement intérieur alimenté par sa relation au monde extérieur au rythme de chacun, qu’il s’agisse d’un élan physique, psychique, intellectuel ou spirituel.

Les prises de conscience sont soumises elles aussi au même régime mystérieux et émergent tantôt lentement, tantôt brusquement sans crier gare.

Il se peut que nous devions répéter avec son enfant le concept de l’addition à retenue cinq fois avant qu’il ne l’intègre et le digère.

Tout comme il se peut pour nous-même, que de nombreux signes précurseurs soient apparus avant que nous prenions conscience qu’on a choisi la mauvaise orientation professionnelle, ou tout simplement qu’il est temps de changer.

Un processus souterrain

Qu’est-ce qui fait que nous pouvons recevoir dix fois la même information sans éprouver d'intérêt mais qu'à la onzième fois nous en percevions d’un coup une portée réelle?

Alors qu’à d’autres moments, une seule occasion nous permet de comprendre une idée, un concept, ou de voir quelque chose qu’on ne percevait pas la veille.

On peut se demander de quel processus les prises de conscience sont le fruit. Le phénomène étant invisible et le secret encore (presque) intact à ce jour, la seule certitude que nous ayons, est qu’elle résulte d’une maturation interne.

Ce phénomène est valable tout au long de la vie d’enfant au fur et à mesure de la découverte et de la compréhension du monde, au long des apprentissages scolaires, de l’éveil de sa conscience. Et il perdure une fois adulte.

Éveiller la conscience

L’actualité nous rappelle les urgences écologiques, économiques et sociales d’éduquer notre descendance en conscience. La perpétuation de l’espèce humaine se fonde sur des individus en conscience. Nul doute que sans conscience aiguisée de l’univers auquel elle appartient, la population humaine court à sa perte. Un des rôles parentaux est donc de contribuer à élever la conscience des enfants. Car qui dit conscience, dit responsabilisation, engagement, contribution - pas seulement à l’échelle de sa propre vie, mais à celle de la société et de la Terre.

Où se place la conscience?

La complexité de la tâche consiste à nourrir la conscience de son enfant tout en sachant qu’il s’agit d’un processus interne qui lui est propre et pour lequel (bien heureusement) nous n’avons pas d’accès.

En 2016, dans la continuité de Descartes, des scientifiques de Harvard (Beth Israel Deaconess Medical Centre, le centre hospitalier de l'école de médecine de Harvard) ont annoncé avoir localisé le siège de la conscience dans le cerveau humain: dans le cortex, un tronc cérébral est relié à deux régions du cortex qui s’harmonisent pour former la conscience https://n.neurology.org/content/87/23/2427

La conscience serait donc une histoire de connexion cérébrale?

Alva Noë, professeur de philosophie à Berkeley http://www.alvanoe.com/out-of-our-heads, avance le contraire et défend l’idée que la conscience ne réside pas physiquement en nous mais se révèle par notre posture interconnectée au monde.

Vivre l’expérience plutôt que la théoriser

Alors la conscience est-elle le fruit d’une connexion interne ou d’une connexion externe? Certainement beaucoup des deux, car en effet, sans expérience au monde extérieur, nulle possibilité d’envisager l’inconnu, comme nous l’a enseigné l’allégorie de la caverne de Platon. Le passage d’un niveau de conscience à un autre par le biais d’intégration de concepts nouveaux est quoi qu’il en soit soumis au rythme de chaque individu et aux perceptions qu’il se fait des expériences vécues. Le processus est endogène et soumis à la subjectivité.

Les neurosciences ont prouvé que les connexions cérébrales se consolident via les synapses à la suite d’expériences analogues répétées. Dans les deux hypothèses, que la conscience réside physiologiquement en nous ou bien dans notre rapport au monde, seules les expériences vécues permettent d’étendre sa conscience.

Alors adieu les théories, plongeons tête baissée dans le monde et abordons pleinement la vie !

Conduire le changement extérieur

Les prises de conscience sont suivies ou non d’actions. En ce sens, le rôle d’un parent est également d’aider son enfant à trouver le courage de s’adapter et d’agir. Car un nouveau niveau de compréhension du monde s’accompagne nécessairement d’une nouvelle manière d’être au monde (sauf à être dans le déni ou l’irresponsabilité).

Par exemple en contribuant à la vie domestique de la famille, en aidant un ami qui en a besoin, à trier ses déchets de manière autonome ou encore en respectant les codes sociaux une fois que sa maturité le permet.

Inutile de contraindre son enfant par la force ou la menace, aidons-le à se sentir prêt à aligner son comportement à sa nouvelle compréhension du monde. Cela nécessite de ne rien projeter de sa propre subjectivité et de soi-même être prêt à modifier ses automatismes pour montrer le chemin.

Le choix en conscience est... intérieur

En montrant le chemin à son enfant, gardons en tête qu’il ne s’agit que d’une proposition parmi d’autres possibilités de faire. La diversité des cultures, des modes de vie et des croyances autres que les siens, doit permettre à son enfant de choisir par lui-même son propre chemin et de faire ses propres choix. L’important étant pour une enfant d’être capable de faire des choix, quels qu’ils soient. Car si la prise de conscience est intérieure, le choix en conscience l’est tout autant.

Le circuit de maturation de la conscience vient certes de l’intérieur mais il s’auto-alimente en permanence de l’environnement extérieur proposé. Aussi, la part intérieure du processus est la part de soi, celle qui est strictement personnelle et qui fait de chaque individu une personne singulière et exclusive, ce trésor à protéger et à laisser émerger.

Nos propositions

Offrir à son enfant un environnement suffisamment riche en informations pour éveiller sa conscience au monde:

*Filtrer les actualités en fonction de l’âge de son enfant

*Créer des discussions pour interroger un sujet

*Faire le lien avec des situations vécues

*Poser des questions ouvertes et respecter le point de vue de son enfant

*Proposer des comportements sociaux adaptés au niveau de conscience de son enfant

Quelques exemples:

*A la question “Par quel moyen la maison reste propre?” si son enfant a conscience que les parents sont garants de la propreté, il est très certainement capable de contribuer à la propreté à sa mesure.

*A la question “Utilisons-nous trop de plastique?” nous pouvons aider notre enfant à se responsabiliser face à cet excès de consommation.

*A la question “Que faire quand mon ami a de la peine?” nous pouvons discuter pour que notre enfant trouve un moyen d’être présent pour son ami.