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Comment laisser son enfant être lui-même ?

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Ecouter, accompagner, soutenir: nous partageons notre vision et nos conseils pour une vie de famille épanouie, légère et gaie, où chacun trouve sa place. 

Dans l’article précédent Comment laisser son enfant penser par lui-même, nous avons exploré des moyens de communication pour permettre à son enfant de s’exprimer librement. Nous explorons ici des moyens pour permettre à son enfant d’être soi-même librement et d’alléger le poids de ce qu’il croit que nous attendons de lui qu’il soit.

Donner la permission à son enfant de se laisser aller à être qui il est vraiment, sans crainte de déplaire est un élément-clé de la parentalité neutre et un acte de foi.

Les étiquettes

Combien sommes-nous à avoir souffert des étiquettes lorsque nous étions enfant et à supporter une fois adulte le poids de ces mots qui collent à la peau. Maladroit.e, timide, impoli.e, étourdi.e, bavard.e, fainéant.e... Mais aussi sérieu.x.se, sage, raisonnable, studieu.x.se, responsable...

Les étiquettes ne sont pas seulement des qualifications négatives, elles peuvent tout autant - du point de vue de l’adulte - être positives. Pour autant, qu’elles soient négatives ou positives, elles ont toutes pour effet d’emprisonner l’enfant dans un état ou une qualité de manière durable.

En effet, pour un enfant, s’entendre répéter dans divers contextes qu’il est sérieux par exemple, vient renforcer sa croyance qu’il est une personne sérieuse, alors même que le parent croit le valoriser. Or un même enfant peut tout à fait être sérieux dans un contexte et espiègle dans un autre. Dans le fond, il possède toujours ces deux qualités, bien qu’elles ne s’expriment pas au même moment. Ne serait-ce pas le signe d'une bonne capacité d'adaptation ? Attribuer à un enfant une qualité, peu importe laquelle, de manière répétée peut l’amener à comprendre qu’il EST définitivement ce qu’on dit de lui.

Aussi, lorsqu'une personne associe une étiquette à un enfant, il est bon de venir équilibrer les propos en disant “Moi je sais que tu n’es pas comme cela, tu te comportes parfois de cette manière mais parfois c'est le contraire. C’est parce qu’il/elle ne te connaît pas qu’il/elle croit cela”. Par exemple, si une personne dit de mon enfant “Il est timide”, je nuance aussitôt en disant “Il a une attitude réservée pour le moment, mais il n’est pas timide.”

Par souci de plaire

La relation enfant-parent peut être ternie par la volonté réciproque de plaire à l’autre. Si ce biais existe, c’est généralement parce que nous confondons plaire et aimer.

Du côté de l’enfant

Il est important de savoir qu’un enfant veut toujours, sans exception, plaire à ses parents (avant l’adolescence). Nos attentes explicites ou implicites peuvent l’influencer plus ou moins fortement et de manière plus ou moins douloureuse, en fonction de l’effort qu’il doit fournir pour se conformer à ce qu’il pense qu’on attend de lui. Par exemple, si j’exprime régulièrement ma satisfaction de voir mon enfant bien manger et finir son assiette, je le prive peut-être d’écouter sa faim et de la possibilité de s’arrêter de manger quand son corps le lui suggère.

Du côté du parent

Un parent peut aussi de manière inconsciente vouloir plaire à son enfant et avoir peur de le décevoir. C’est le cas lorsque nous ressentons de la culpabilité et que nous basons certaines décisions dans le but de lui faire plaisir, plutôt que dans le but d’assurer son bien-être.

L’amour inconditionnel

Garantir et exprimer son amour inconditionnel à son enfant est un moyen efficace de lui rendre la liberté d’être qui il est en authenticité. Car qu’importe son comportement, ses réussites ou ses erreurs, il doit pouvoir compter sur l’amour que nous lui portons en toute circonstance. Nous pouvons être heureux, déçu ou en colère de son comportement, au fond qu’importe, nous ne pouvons conditionner notre amour à ce qu’il fait. De manière réciproque, ayons en tête que quoi que l’on fasse, nous n’avons jamais à douter de l’amour que nous porte notre enfant. C’est en faisant des choix de cœur en conscience que nous sommes un parent suffisamment bon, et rien ne nous protège d'éventuelles erreurs, acceptons-le.

Propositions

Il est fondamental de prendre conscience des commentaires de satisfaction ou de déception que nous exprimons de manière totalement anodines à propos de notre enfant.

  • Distinguer l'attitude d’un enfant de son être.  Car agir selon un comportement donné ne signifie pas que l'on est déterminé à être toujours de cette manière.

Par exemple: Ne disons pas “Tu n'es pas gentil” mais “Ce n'est pas une réaction très gentille”.

  • Essayer de traquer les étiquettes que l’on colle à son enfant
  • Essayer de ne faire aucun commentaire sur son enfant qui puisse sonner comme une vérité
  • Ne jamais remettre en cause son amour même en cas de déception ou de colère face au comportement de son enfant